« Ses souffles qui effleurent,
ses clartés qui affleurent »
Exposition présentée du 11 au 28 novembre 2026
Vernissage le jeudi 12 novembre 2026, 17 h
Espace DÈS_ recherche photographique
Édifice Belgo, suite 418
372, rue Sainte-Catherine Ouest
Montréal (Québec) H3B 1A2
du mercredi au samedi, de 12h à 17h30
et sur rendez-vous
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« Ses souffles qui effleurent, ses clartés qui affleurent » est une exploration photographique du vivant et de ses formes d’émergence, une expérience sensible au cœur du végétal où le flou, la lumière et le mouvement révèlent les limites du regard et la fragilité de notre perception.
À l’origine de cette recherche se trouve un jardin familial, façonné depuis des décennies dans la campagne parisienne. Lieu d’enracinement et de transmission, il constitue un territoire intime où se croisent le soin apporté à la culture, la mémoire et le passage du temps. Chaque printemps, depuis mon installation au Québec, je retrouve ce jardin luxuriant et renoue avec les terres de mon enfance. Cette fréquentation saisonnière nourrit une attention renouvelée aux transformations du vivant. Ces dernières années, j’ai progressivement rapproché mon regard des fleurs à travers un objectif macro, cherchant à voir autrement. Les fleurs deviennent alors des partenaires de réflexion et des milieux d’exploration. Le regard se concentre puis se décentre, privilégiant les interstices, les surfaces et les circulations de lumière plutôt que les formes elles-mêmes. Par la photographie, je cherche moins à identifier qu’à éprouver.
La prise de vue engage une chorégraphie corporelle où respiration, micromouvements et vent participent à la construction de l’image. La mise au point devient une tentative d’approche, une zone de contact avec ce qui demeure inaccessible. La netteté apparaît comme une présence fugace, tandis que le flou absorbe les contours, redistribue la lumière et densifie l’espace. Il devient une matière à part entière qui trouble les repères perceptifs et suspend la reconnaissance. Le regard oscille alors entre apparition et disparition, profondeur et surface, connaissance et mystère. L’image échappe progressivement à sa fonction descriptive pour devenir une expérience sensible.
Cette exploration se prolonge dans la maison-atelier à travers un processus de traduction par l’impression, d’accumulation et de mise en espace. Un changement d’échelle s’opère, les images se détachent de leur milieu d’origine pour recomposer un paysage fragmentaire. De nouvelles correspondances, des écarts et des possibilités émergent de leur mise en relation. Présentée à Espace DÈS, cette recherche quitte l’intimité de la maison-atelier pour rencontrer un nouvel espace et de nouveaux regards. L’installation conserve un caractère processuel et provisoire, entre le faire et le fini, laissant les images dans un état de suspension. Avec « Ses souffles qui effleurent, ses clartés qui affleurent », je cherche moins à représenter le vivant qu'à en faire éprouver la présence, dans ce qui se découvre, se dérobe et demeure insaisissable.